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Syndicats

Situé entre 25 % et 30 %, le taux de syndicalisation est relativement élevé en Slovénie. Le paysage syndical est fragmenté, puisqu'il se compose de sept confédérations. La ZSSS est largement majoritaire.

 

 

En raison de la concurrence que se livrent les syndicats, il est difficile de connaître le nombre exact de syndiqués en Slovénie. Il n'existe pas de statistiques officielles du taux de syndicalisation mais le Public Opinion Research Centre (PORC) de la Faculté des Sciences sociales de l’Université de Ljubljana effectue régulièrement des sondages afin d’évaluer le nombre de travailleurs membres d'un syndicat. Les derniers chiffres de 2008 faisaient état d’un taux de syndicalisation de 26,6 %.1 Ce pourcentage est légèrement supérieur aux dernières estimations tirées de la base de données des syndicats ICTWSS, laquelle chiffrait le taux de syndicalisation en Slovénie à 24,4 % en 20112 , tandis que la principale confédération syndicale, la ZSSS, indique sur son site internet que le taux de syndicalisation est « supérieur à 27 %»3 . Avec une population active de près de 770 000 travailleurs, un taux de syndicalisation de 27 % équivaut à quelque 210 000 personnes. Mais le nombre total d'affiliés est probablement plus élevé si l'on tient également compte des chômeurs et des retraités.

Le mouvement syndical slovène est très fragmenté, avec sept confédérations syndicales et plusieurs syndicats autonomes.

 

La plus grande confédération est la ZSSS (Zveza Svobodnih Sindikatov Slovenije, Confédération slovène des syndicats libres), qui se réclame de plus de 300 000 affiliés sur son site internet, y compris les chômeurs et retraités. Selon les chiffres avancés par Miroslav Stanojević, de la Faculté des sciences sociales, ses effectifs s’élèvent à environ 155 000 membres4 . Elle se compose de 22 fédérations : sept dans l'industrie, six dans le secteur tertiaire privé, six dans le secteur public et trois représentant d'autres catégories, par exemple les retraités. La plus grande fédération au sein de la ZSSS est le SKEI, syndicat de la métallurgie et de l’industrie électrotechnique, avec 35 000 affiliés.

 

 

La ZSSS est issue des structures syndicales qui existaient avant l'indépendance du pays en 1991. Depuis le début des années 90, une concurrence se fait jour. Une nouvelle confédération, la KNSS (Neodvisnost - Konfederacija novih sindikatov Slovenije, Indépendance, Confédération des nouveaux syndicats de Slovénie), est née en 1990 et deux autres, KSS Pergam (Konfederacija sindikatov Pergam Slovenije Pergam, Confédération des syndicats de Slovénie Pergam) et Konfederacija ‘90 (Confédération des syndicats ‘90 de Slovénie), ont quitté la ZSSS. Alors que la KNSS a été créée en opposition à la ZSSS – elle se situe plus à droite – les autres confédérations s’appuyaient sur une plus petite base à leurs débuts. La KSS Pergam représentait à l‘origine les travailleurs des industries graphiques et papetières, mais elle a élargi son implantation depuis. Konfederacija ‘90 était concentrée dans l’ouest du pays.

 

 

Un peu plus tard, deux nouvelles confédérations sont apparues : Alternativa, qui accueille principalement les syndicats des transports auparavant affiliés à la KNSS, en 1999 et Solidarnost en 2000.

 

 

Les principaux bastions de ces confédérations sont l'industrie manufacturière et des secteurs plus traditionnels comme les transports.

 

 

Une grande partie des travailleurs du secteur public sont représentés par des syndicats qui ne sont pas affiliés à ces confédérations. En 2006, cinq des principaux syndicats du secteur public se sont regroupés pour former une nouvelle confédération, la KSJS (ils ont depuis été rejoints par deux autres syndicats plus modestes). La KSJS déclare 73 400 affiliés. Le syndicat enseignant SVIZ (39 100 membres) en est la principale composante (chiffres indiqués sur le site internet de la KSJS). Stanojević estime que la KSJS compte entre 60 000 et 70 000 affiliés.

 

 

Il existe par ailleurs un grand nombre de syndicats autonomes, implantés dans des professions spécifiques.

 

 

La majorité des effectifs syndicaux est concentrée dans les deux principales confédérations, la ZSSS et la KSJS, l’Institut des sciences sociales estimant que 90 % des personnes syndiquées sont membres de la ZSSS, de la KSJS, de la KNSS et de la Pergam.

 

 

La loi permet aux syndicats d’obtenir le statut d’organisations représentatives. Si ce statut n’est pas nécessaire pour négocier, il confère en revanche de nombreux avantages. Par exemple, seuls les accords conclus par les syndicats représentatifs peuvent être étendus aux parties qui n’ont pas directement pris part aux négociations (voir section « Négociations collectives »). Pour être considéré représentatif, un syndicat doit, entre autres formalités, démontrer qu’il est financièrement indépendant et qu’il existe depuis plus de six mois. Une confédération syndicale présente sur l’ensemble du territoire doit également fédérer 10 % des travailleurs dans les secteurs, les entreprises ou les professions pour lesquels elle demande ce statut. Un syndicat autonome doit compter dans ses membres 15 % des travailleurs dans un secteur, une entreprise, une profession ou une zone locale pour y être représentatif. Le statut d’organisation représentative est accordé par le ministère sur la base des informations fournies par le syndicat. Lorsqu’un syndicat demande ce statut uniquement au niveau de l’entreprise, la décision est toutefois laissée à l’appréciation de l’employeur.

 

 

Les sept confédérations sont considérées comme des organisations représentatives au niveau national, ainsi que dans diverses activités et professions. Le degré de représentativité des confédérations varie sensiblement selon les secteurs. Alors que 19 syndicats affiliés la ZSSS possèdent ce statut dans des secteurs comme la protection contre l’incendie, la métallurgie ou l’électronique, la confédération Alternativa n’est représentative que dans les transports terrestres et le trafic maritime, et Solidarnost uniquement dans le secteur de la production de véhicules automobiles et de remorques et dans les chemins de fer. 35 autres syndicats sont également représentatifs dans des secteurs et des professions spécifiques, par exemple SDZDS et SZPS, deux syndicats de cheminots, FIDES, syndicat de médecins, et SBS, syndicat du secteur bancaire5 .

 

 

Les sept confédérations qui jouissent du statut d’organisations représentatives au plan national siègent au Conseil économique et social tripartite (ESS), qui se compose de représentants des syndicats, des employeurs et du gouvernement. La ZSSS occupe deux sièges, les autres organisations n’en ont qu’un chacune

 

 

Les relations entre les confédérations sont parfois difficiles, en particulier entre la ZSSS et la KNSS. Cependant, en 2006, après 15 ans de tractations, les sept confédérations et 17 syndicats autonomes sont parvenus à un accord sur la répartition des actifs qui étaient aux mains d’une seule confédération syndicale avant l'indépendance.

 

 

Le nombre de personnes syndiquées a diminué depuis l'indépendance du pays en 1991. À l'époque, environ 60 % des travailleurs étaient membres d'un syndicat. Les rapports de forces ont également évolué, les syndicats du secteur public affichant une certaine stabilité, tandis que ceux de l'industrie ont perdu des affiliés.

L. Fulton (2013) La représentation des travailleurs en Europe. Labour Research Department et ETUI. Réalisé avec l'aide du Réseau SEEurope, publication en ligne, disponible sur : http://fr.worker-participation.eu/Systemes-nationaux