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Syndicats

Situé entre 30 % et 40 %, le taux de syndicalisation est relativement élevé en Slovénie. Le paysage syndical est fragmenté, puisqu'il se compose de sept confédérations. La ZSSS est largement majoritaire.

En raison de la concurrence que se livrent les syndicats, il est difficile de connaître le nombre exact de syndiqués en Slovénie. Il n'existe pas de statistiques officielles du taux de syndicalisation. Un sondage mené en 2003-2004 a évalué à 44 % le nombre de travailleurs qui étaient membres d'un syndicat à cette époque,1 soit 330 000 personnes sur une population active de 750 000 travailleurs. Mais le nombre total d'affiliés est sans doute plus élevé si l'on tient compte également des chômeurs et des retraités. Selon une étude slovène sur le dialogue social conduite en 2010 dans le cadre d’un projet conjoint entre les principales organisations syndicales et patronales, on dénombre 550 000 syndiqués dans le pays.2 Les dernières estimations tirées de la base de données des syndicats ICTWSS ont chiffré le taux de syndicalisation en Slovénie à 29,7 % en 2008.3

Le mouvement syndical slovène est très fragmenté, avec sept confédérations syndicales et plusieurs syndicats autonomes.

La plus grande confédération est la ZSSS (Zveza Svobodnih Sindikatov Slovenije, Confédération slovène des syndicats libres), qui se réclame de plus de 300 000 adhérents sur son site Web, y compris les chômeurs et retraités. Un rapport de l’EIRO sur le recrutement syndical publié en 2010 indique que la ZSSS accueillait 302 915 membres en 2006.4 Elle se compose de 23 fédérations : huit dans l'industrie, six dans le secteur tertiaire privé, six dans le secteur public et trois représentant d'autres catégories, par exemple les retraités.

La ZSSS est issue des structures syndicales qui existaient avant l'indépendance du pays en 1991. Depuis le début des années 90, une concurrence se fait jour. Une nouvelle confédération, la KNSS (Neodvisnost - Konfederacija novih sindikatov Slovenije, Indépendance - Confédération des nouveaux syndicats de Slovénie), est née en 1990 et deux autres, KSS Pergam (Konfederacija sindikatov Pergam Slovenije Pergam, Confédération des syndicats de Slovénie Pergam) et Konfederacija ‘90 (Confédération des syndicats ‘90 de Slovénie), ont quitté la ZSSS. Alors que la KNSS a été créée en opposition à la ZSSS - elle se situe plus à droite - les autres confédérations s’appuyaient sur une plus petite base à leurs débuts. La KSS Pergam représentait à l‘origine les travailleurs des industries graphiques et papetières, mais elle a élargi son implantation depuis. Konfederacija ‘90 était concentrée dans l’ouest du pays. Selon le rapport de l’EIRO sur le recrutement syndical publié en 2010, la Pergam totalisait 87 000 adhérents en 2006, contre 34 000 à 37 000 pour la KNSS. Il ne fournit aucun chiffre pour Konfederacija ’90 (comme pour la ZSSS, ces chiffres sont très supérieurs à ceux indiqués dans un précédent rapport de l’EIRO sur les effectifs syndicaux, selon lequel la Pergam et la KNSS regroupaient 19 000 membres chacune, contre 14 000 pour Konfederacija ’90).

Un peu plus tard, deux nouvelles confédérations sont apparues : Alternativa, qui accueille principalement les syndicats des transports auparavant affiliés à la KNSS, en 1999 et Solidarnost en 2000. Le rapport de l’EIRO publié en 2010 ne précise pas le nombre de membres de ces deux confédérations, mais elles sont certainement beaucoup moins importantes.

Les principaux bastions de ces confédérations sont l'industrie manufacturière et des secteurs plus traditionnels comme les transports.

Une grande partie des travailleurs du secteur public sont représentés par des syndicats qui ne sont pas affiliés à ces confédérations. En 2006, cinq des principaux syndicats du secteur public se sont regroupés pour former une nouvelle confédération, la KSJS (ils ont depuis été rejoints par deux autres syndicats plus modestes). La KSJS déclare 73 400 adhérents. Le syndicat enseignant SVIZ (39 100 membres) en est la principale composante (chiffres indiqués sur le site Web de la KSJS).

Il existe par ailleurs un grand nombre de syndicats autonomes, implantés dans des professions spécifiques.

La loi permet aux syndicats d’obtenir le statut d’organisations représentatives. Si ce statut n’est pas nécessaire pour négocier, il confère en revanche de nombreux avantages. Par exemple, seuls les accords conclus par les syndicats représentatifs peuvent être étendus aux parties qui n’ont pas directement pris part aux négociations (voir section « Négociations collectives »). Pour être considéré représentatif, un syndicat doit, entre autres formalités, démontrer qu’il est financièrement indépendant et qu’il existe depuis plus de six mois. Une confédération syndicale présente sur l’ensemble du territoire doit également fédérer 10 % des travailleurs dans les secteurs, les entreprises ou les professions pour lesquels elle demande ce statut. Un syndicat autonome doit compter dans ses membres 15 % des travailleurs dans un secteur, une entreprise, une profession ou une zone locale pour y être représentatif. Le statut d’organisation représentative est accordé par le ministère sur la base des informations fournies par le syndicat. Lorsqu’un syndicat demande ce statut uniquement au niveau de l’entreprise, la décision est toutefois laissée à l’appréciation de l’employeur.

Les sept confédérations sont considérées comme des organisations représentatives au niveau national, ainsi que dans diverses activités et professions. Le degré de représentativité des confédérations varie sensiblement selon les secteurs. Alors que 19 syndicats affiliés la ZSSS possèdent ce statut dans des secteurs comme la protection contre l’incendie, la métallurgie ou l’électronique, la confédération Alternativa n’est représentative que dans les transports terrestres et le trafic maritime, et Solidarnost uniquement dans le secteur de la production de véhicules automobiles et de remorques et dans les chemins de fer. 35 autres syndicats sont également représentatifs dans des secteurs et des professions spécifiques, par exemple SDZDS et SZPS, deux syndicats de cheminots, FIDES, syndicat de médecins, et SBS, syndicat du secteur bancaire.5

Les sept confédérations qui jouissent du statut d’organisations représentatives au plan national siègent au Conseil économique et social tripartite (ESS), qui se compose de représentants des syndicats, des employeurs et du gouvernement. La ZSSS occupe deux sièges, les autres organisations n’en ont qu’un chacune

Les relations entre les confédérations sont parfois difficiles, en particulier entre la ZSSS et la KNSS. Cependant, en 2006, après 15 ans de tractations, les sept confédérations et 17 syndicats autonomes sont parvenus à un accord sur la répartition des actifs qui étaient aux mains d’une seule confédération syndicale avant l'indépendance.

Le nombre de personnes syndiquées a diminué depuis l'indépendance du pays en 1991. À l'époque, environ 60 % des travailleurs étaient membres d'un syndicat. Les rapports de forces ont également évolué, les syndicats du secteur public affichant une certaine stabilité, tandis que ceux de l'industrie ont perdu des affiliés.

L. Fulton (2011) La représentation des travailleurs en Europe. Labour Research Department et ETUI (online).