Syndicats
Totalisant entre un cinquième et un sixième des travailleurs, le taux de syndicalisation est plus élevé en République slovaque que dans la plupart des autres pays d'Europe centrale et de l’Est. Le mouvement syndical est dominé par une grande confédération, la KOZ SR, au sein de laquelle les syndicats affiliés jouissent d'une autonomie et d'une influence considérables.
Le nombre de personnes syndiquées en République slovaque se situe probablement juste en dessous de la barre des 400 000. La population active comptant 2 millions de travailleurs, cela signifie qu’environ un cinquième d’entre eux sont syndiqués, ce qui concorde avec les chiffres avancés par l’Observatoire européen des relations industrielles : l’EIRO a estimé le taux de syndicalisation à environ 20 % en 2009.1 Ces chiffres sont également assez proches des dernières estimations tirées de la base de données des syndicats ICTWSS, qui a chiffré le taux de syndicalisation dans le pays à 17,2 % en 2008.2
La principale confédération syndicale slovaque est la KOZ SR (Confédération syndicale de la République slovaque), qui totalisait 365 541 membres en 2008 selon les derniers chiffres publiés par l’Office Statistique de la République Slovaque.3
La KOZ SR est le successeur slovaque de la confédération syndicale tchécoslovaque, la CS KOS, créée en mars 1990 après la « Révolution de velours » de 1989. La plupart des membres de l’ancienne confédération syndicale de la période communiste, la ROH, dissoute en 1990, ont rejoint cette dernière. La nouvelle structure a cependant changé de politique et d’organisation. À la suite de la séparation de la Tchécoslovaquie en deux pays - République tchèque et République slovaque - en 1993, la CS KOS s’est elle-même divisée en deux organisations : la tchèque ČMKOS et la slovaque KOZ SR.
Les seules autres fédérations d’une certaine importance sont la NKOS (Syndicat chrétien indépendant), en particulier son syndicat enseignant, et la KUK (Confédération des arts et de la culture), qui syndique les travailleurs du secteur culturel. La NKOS compte moins de 10 000 adhérents. La KUK est beaucoup plus modeste.
La KOZ SR se compose de 27 syndicats, dont les plus importants sont : OZ KOVO (métallurgie ; 69 000 membres), OZPSAV (enseignement ; 61 000 membres) et SOZPZASS (santé et secteur social ; 28 000 membres) (chiffres de 2009). La baisse du nombre d'adhérents a conduit à un certain nombre de fusions. Les syndicats jouissent d'une autonomie considérable, la confédération jouant essentiellement un rôle de coordination, en particulier dans les discussions avec le gouvernement.
La KOZ SR est politiquement indépendante, mais est devenue un acteur central de l'opposition au gouvernement de Mikuláš Dzurinda, notamment entre 2002 et 2006. En mars 2010, elle a renouvelé son accord de coopération signé en 2005 avec le parti social-démocrate Smer-SD, dirigé par Robert Fico, et l’a soutenu lors des élections de juin 2010, qu’il a perdues.
Le syndicalisme est en recul depuis la création de la République slovaque en 1993. Cette année-là, la KOZ SR totalisait 1 540 000 membres, soit plus d'un million de plus que dix ans plus tard. Depuis plusieurs années, la confédération et les syndicats affiliés ont engagé des initiatives visant à endiguer ce déclin, mais rien ne semble indiquer une reprise des adhésions. Intervenant lors du dernier congrès de la KOZ SR en novembre 2008, le président de la confédération, Miroslav Gazdík, a indiqué que le nombre d’adhérents avait reculé de 10 % à 11 % par an au cours des dernières années. Cependant, la baisse n’avait été que de 5,2 % durant les 12 mois précédents. Les syndicats sont très puissants dans le secteur public et les grandes usines manufacturières, mais très peu implantés dans les petites entreprises, que ce soit dans l'industrie ou le secteur tertiaire.

