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Syndicats

Totalisant environ un sixième des travailleurs, le taux de syndicalisation est plus élevé en République slovaque que dans de nombreux autres pays d'Europe centrale et de l’Est. Le mouvement syndical est dominé par une grande confédération, la KOZ SR, au sein de laquelle les syndicats affiliés jouissent d'une autonomie et d'une influence considérables.

Le nombre de personnes syndiquées en République slovaque s’élève probablement à 325 000. La population active comptant un peu moins de 2 millions de travailleurs, en supposant que tous les affiliés sont actifs, cela signifie qu’environ 17 % d’entre eux sont syndiqués, soit légèrement plus que les chiffres avancés par l’Observatoire européen des relations industrielles : l’EIRO a estimé le taux de syndicalisation à environ 16 % en 20101 . Ces chiffres sont également proches des dernières estimations tirées de la base de données des syndicats ICTWSS, qui a chiffré le taux de syndicalisation dans le pays à 16,7 % en 20112 .

La principale confédération syndicale slovaque est la KOZ SR (Confédération syndicale de la République slovaque), qui totalisait 310 649 membres en 2010 selon les derniers chiffres publiés par l’Office Statistique de la République Slovaque3 .

 

 

La KOZ SR est le successeur slovaque de la confédération syndicale tchécoslovaque, la CS KOS, créée en mars 1990 après la « Révolution de velours » de 1989. La plupart des membres de l’ancienne confédération syndicale de la période communiste, la ROH, dissoute en 1990, ont rejoint cette dernière. La nouvelle structure a cependant changé de politique et d’organisation. À la suite de la séparation de la Tchécoslovaquie en deux pays – République tchèque et République slovaque – en 1993, la CS KOS s’est elle-même divisée en deux organisations : la tchèque ČMKOS et la slovaque KOZ SR.

 

 

Les seules autres fédérations d’une certaine importance sont la NKOS (Syndicat chrétien indépendant), en particulier son syndicat enseignant, et la KUK (Confédération des arts et de la culture), qui syndique les travailleurs du secteur culturel. La NKOS compte moins de 10 000 affiliés. La KUK est beaucoup plus modeste.

 

 

La KOZ SR se compose de 28 syndicats, dont les plus importants sont : OZ KOVO (métallurgie ; 69 000 membres), OZPSAV (enseignement ; 61 000 membres) et SOZPZASS (santé et secteur social ; 28 000 membres) (chiffres de 2009). La baisse du nombre d'affiliés a conduit à un certain nombre de fusions. Les syndicats jouissent d'une autonomie considérable, la confédération jouant essentiellement un rôle de coordination, en particulier dans les discussions avec le gouvernement.

 

 

La KOZ SR est politiquement indépendante, mais est devenue un acteur central de l'opposition aux gouvernements de Mikuláš Dzurinda de 2002 à 2006 et d’Iveta Radičová de 2010 à mars 2012. Sous le gouvernement Radičová, elle a organisé une série de manifestations visant notamment les modifications apportées au code du travail. Elle a toujours été plus proche du parti social-démocrate Smer-SD.

 

 

Le syndicalisme est en recul depuis la création de la République slovaque en 1993. Cette année-là, la KOZ SR totalisait 1 540 000 membres, soit plus d'un million de plus que dix ans plus tard. Depuis plusieurs années, la confédération et les syndicats affiliés ont engagé des initiatives visant à endiguer ce déclin, mais rien ne semble indiquer une reprise des adhésions. Les chiffres de l’Annuaire statistique montrent que les effectifs de la KOZ SR ont chuté de 21 % en trois ans, passant de 394 162 en 2007 à 310 649 en 2010. Les syndicats sont très puissants dans le secteur public et les grandes usines manufacturières, mais très peu implantés dans les petites entreprises, que ce soit dans l'industrie ou le secteur tertiaire.

L. Fulton (2013) La représentation des travailleurs en Europe. Labour Research Department et ETUI. Réalisé avec l'aide du Réseau SEEurope, publication en ligne, disponible sur : http://fr.worker-participation.eu/Systemes-nationaux