Syndicats
Le taux de syndicalisation est relativement élevé à Malte : 48 % des travailleurs sont membres d'un syndicat. Deux fédérations syndicales majoritaires, la GWU et l'UHM, se font concurrence. Toutes deux regroupent un large spectre de travailleurs, mais certaines professions, telles que les enseignants, les employés de banque et les sages-femmes, sont représentées par des syndicats indépendants. Des divergences politiques opposent les deux organisations et leurs relations sont souvent tendues.
On dénombre 84 100 personnes syndiquées à Malte selon les chiffres du registraire des syndicats de Malte pour 2009-2010, basés sur les données des syndicats eux-mêmes.1 La population active comptant 154 000 personnes (2009, selon les chiffres de l’Office national statistique), cela signifie que 48 % des travailleurs maltais sont membres d'un syndicat, si l’on exclut les 10 400 syndicalistes retraités, un résultat proche du taux de syndicalisation établi par la base de données des syndicats ICTWSS, soit 51,0 % pour 2009.2
La GWU (Confédération générale des travailleurs ; 41 600 affiliés) et l'UHM (Syndicat des travailleurs maltais ; 26 100 affiliés) sont de loin les deux syndicats les plus importants du pays. Du fait que les deux organisations couvrent un grand nombre de secteurs et de professions, elles s’apparentent aux confédérations syndicales existant dans de nombreux autres pays.
Le pays compte par ailleurs un certain nombre de petits syndicats, qui ne sont souvent très implantés que dans les professions qu'ils représentent. Les principaux sont MUT (7 800 affiliés ; enseignants), MUBE (3 050 affiliés ; employés de banque) et MUMN (2 800 affiliés ; sages-femmes et infirmières) (chiffres pour 2009-2010).
Avec d’autres syndicats plus modestes, l’UHM et MUBE sont membres de la CMTU (Confédération des syndicats de Malte), qui, en réalité, est plus un regroupement de syndicats qu’une véritable confédération centralisée. En 2008, le syndicat enseignant MUT, qui avait été l’un des membres fondateurs de la CMTU, a quitté la confédération suite à des désaccords politiques majeurs (voir ci-dessous).
Le pays compte également un troisième groupe de syndicats, baptisé Forum Unions Maltin (FORUM). Composé de huit syndicats lors de sa création en 2004, le syndicat MUMN (infirmières et sages femmes) y jouant un rôle clé, le groupe a été renforcé lorsque MUT l'a rejoint après avoir quitté la CMTU en 2008. Son objectif principal était d'obtenir des sièges au Conseil tripartite pour le développement économique et social de Malte (MCESD), au sein duquel la GWU, l'UHM et la CMTU sont représentés. Mais cette tentative est restée sans succès à ce jour.
Fondée en 1943, la GWU représentait à l'origine les travailleurs des chantiers navals britanniques. Elle se compose aujourd'hui de huit sections séparées, opérant dans différents secteurs de l'économie, dont le tourisme d’accueil et l'alimentation, la marine et l'aviation, les organismes gouvernementaux et publics, les professions libérales et les services, auxquelles s’ajoutent des associations pour les retraités et les jeunes. Ces dernières années, la GWU a été affectée par les pertes d'emplois dans le secteur de la construction et de la réparation navales, traditionnellement très syndiqué, ainsi que dans certains secteurs de l’industrie manufacturière, comme l'habillement et le textile. Entre 2006-2007 et 2007-2008, elle a ainsi enregistré sa plus forte baisse d’effectifs de son histoire, perdant 4 650 affiliés. Elle représente aujourd'hui moins de la moitié des personnes syndiquées à Malte, ce qui n'était jamais arrivé par le passé.
L'UHM, qui, à ses débuts en 1966, représentait uniquement les employés de bureau de la fonction publique, a étendu son champ d'action depuis. Il comprend six sections séparées, représentant les employés, y compris les employés de l’État, le secteur manufacturier, l’industrie informatique, le secteur privé, le tourisme et les services. Il accueille également une section de retraités
La GWU est apparentée aux sociaux-démocrates du Parti travailliste, avec lequel elle a fusionné de 1978 à 1992. Les autres syndicats revendiquent leur indépendance politique. Toutefois, la CMTU et l'UHM, son principal membre, sont réputés comme étant proches du Parti nationaliste (PN) de centre-droit.
La GWU et la CMTU se livrent une concurrence féroce, bien que la CMTU ait été affaiblie par le départ du syndicat enseignant MUT. MUT était opposé au projet d’augmentation des prix de l'énergie et de l'eau lancé par le gouvernement en 2008, alors que la CMTU l’a soutenu. Elle a par conséquent appelé à la création d'un organe commun regroupant tous les syndicats, une proposition que la CMTU a rejetée, la jugeant « inopportune ». À la suite de cet affrontement, MUT a quitté la CMTU et rejoint le troisième groupement de syndicats, FORUM.
Les chiffres de l’Office national statistique de Malte montrent que, si le nombre d'adhésions a enregistré une hausse entre 1995 et 2009, passant de 78 000 à 84 000, l'emploi global a augmenté encore plus rapidement. Résultat : le taux de syndicalisation, calculé sur la base du nombre de salariés (ce qui exclut les travailleurs indépendants) en incluant les membres retraités des syndicats, a diminué de 63 % en 1995 à 59 % en 2009. Les syndicats sont plus implantés dans le secteur public que dans le secteur privé, notamment dans le secteur privé des services.

