Participation financière
La participation financière des travailleurs n’est pas très répandue en Lituanie. Elle découle de l’actionnariat salarié, des régimes de participation aux bénéfices ou des coopératives. Alors que la part de l’actionnariat salarié était très élevée au moment de l’accession à l’indépendance de la Lituanie, elle a considérablement reculé après 1995, avec la vente de leurs actions par les travailleurs. Malgré tout, on trouve encore des entreprises dont les salariés détiennent des actions acquises pendant le processus de privatisation ou dans le cadre des nouveaux régimes de participation financière.1 La participation aux bénéfices proprement dite est relativement rare en Lituanie, principalement en raison de la législation fiscale, qui fait qu’il est moins intéressant de distribuer les bénéfices par le biais de régimes de participation aux bénéfices que sous la forme de dividendes. Les coopératives ne représentent qu’une faible part de l’économie du pays. Il existe différents types de coopératives, par exemple les coopératives de consommation, agricoles, de production et de crédit. La plupart sont très petites et emploient moins de 9 salariés.
L’actionnariat salarié a connu son apogée entre 1995 et 1997, puis a rapidement régressé.2 La principale raison de cette évolution est que les salariés ont vendu les actions qu’ils avaient achetées quelques années plus tôt pendant le processus de privatisation et que tous les régimes préférentiels qui leur avaient été accordés ont été abolis lors des deuxième et troisième phases de privatisation. Contrairement à ce qu’il s’était passé pendant la première phase de privatisation, les entreprises privatisées après 1995 ont été vendues aux enchères ou par souscription publique des actions, les salariés pouvant se porter uniquement preneurs des actions de la société qui les employait. La majorité des entreprises vendues aux enchères pendant cette période ont été rachetées par leur personnel, principalement les cadres.
L’actionnariat salarié est également issu des régimes de participation financière, pour la plupart mis en place dans les grandes entreprises à capitaux étrangers ou les sociétés informatiques, qui ont eu recours à l’actionnariat dans le cadre de leurs programmes d’encouragement. Ce mouvement a pris son essor à partir de 2003, quand l’écart entre l’offre et la demande sur le marché du travail a commencé à s’amoindrir.3
La participation aux bénéfices proprement dite est relativement rare en Lituanie en raison de la législation fiscale en vigueur. Dans certaines entreprises, les bonis et les primes versés aux salariés sont néanmoins liés aux bénéfices. Par ailleurs, des mesures d’encouragement non financières, telles que la location de voitures, les appels gratuits sur téléphone portable, etc., sont souvent utilisées comme une sorte de « participation aux bénéfices non financière ».4
À partir de la fin des années 80, un grand nombre de petites coopératives ont été créées dans le secteur des services et le secteur productif. Le processus de privatisation a donné naissance à plusieurs coopératives dans le secteur agricole. En 1990, environ 4 500 coopératives étaient enregistrées en Lituanie et employaient 5 % de la population active. Après une période de flou quant à leur statut juridique,5 différents types de coopératives sont apparus dans le pays, comme les coopératives de consommation, agricoles, de crédit et de production. La plupart sont des petites voire très petites structures, comptant moins de 9 salariés.

