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Syndicats

Un peu plus d’un tiers - 34 % - des travailleurs irlandais sont membres d’un syndicat, un chiffre en légère augmentation par rapport aux dernières années en raison d’une forte baisse de l’emploi due à la grave crise économique qui a frappé le pays. Il existe une seule confédération syndicale, l’ICTU, au sein de laquelle les syndicats affiliés, en particulier le syndicat majoritaire, le SIPTU, jouissent d’un pouvoir et d’une influence considérables.

Selon les chiffres des syndicats eux-mêmes, la République d’Irlande compte environ 600 000 personnes syndiquées. L’enquête nationale trimestrielle auprès des ménages de 2009 montre que 535 000 affiliés sont salariés, soit 34 % de la population active.1 Ce chiffre est inférieur aux résultats de la base de données syndicats ICTWSS, qui a évalué le taux de syndicalisation à 36,6 % en 2009.2

Les syndicats irlandais appartiennent à une seule confédération syndicale, l’ICTU (Irish Congress of Trade Unions, Congrès des syndicats irlandais), qui regroupe 55 organisations affiliées. L’ICTU opère à la fois en République d’Irlande (612 700 membres) et en Irlande du Nord (231 300 membres) (chiffres de 2009). Les syndicats affiliés sont basés dans les deux parties de l’île, ainsi qu’en Grande-Bretagne. Seul un petit nombre de syndicats n’est pas affilié à l’ICTU, dont le plus important est le National Bus and Rail Union, qui compte 3 700 adhérents.

Bien que l’ICTU joue un rôle important dans les relations avec le gouvernement, elle constitue plus un regroupement de syndicats indépendants et autonomes qu’une véritable confédération, qui chapeaute et commande aux syndicats qui la composent.

Le SIPTU, syndicat généraliste, est de loin le plus grand syndicat de l’ICTU. Il est actif dans de nombreux secteurs. Il totalise 209 900 membres en République d’Irlande, soit 34 % des adhérents de l’ICTU dans le pays. Les syndicats les plus importants en République d'Irlande sont ensuite IMPACT (61 500 membres ; services publics), TEEU (45 000 membres ; électricité et ingénierie technique), MANDATE (45 200 membres ; commerce de détail), Unite, basé au Royaume-Uni (40 400 membres) et INO (40 100 membres ; infirmiers) (chiffres au 31 décembre 2008).3

Sur le plan politique, l’ICTU affiche une neutralité officielle, mais une poignée de syndicats, dont le SIPTU, sont apparentés au Parti travailliste irlandais. Leur influence au sein du parti est toutefois limitée, puisqu’ils ne comptent que pour 10 % de ses délégués. Les syndicats ont en outre coopéré avec les gouvernements de tous bords.

L’évolution de l’emploi dans le pays a fortement pesé sur le taux de syndicalisation, c’est-à-dire la part des travailleurs syndiqués. Pendant la période de boom économique, les effectifs syndicaux ont augmenté de 100 000 affiliés environ en dix ans, alors que le taux de syndicalisation diminuait : de 46 % en 1994 à 35 % en 2004 et 32 % en 2007. Cette tendance a cadré avec l’évolution du marché du travail. Les syndicats avaient en effet du mal à s’imposer dans nombre des secteurs en pleine croissance, comme l’électronique et les services privés. Avec la crise économique qui a éclaté en 2008, les effectifs syndicaux ont ensuite légèrement reculé - passant de 565 000 en 2007 à 535 000 en 2009 selon l’enquête auprès des ménages - mais moins que l’emploi. Le taux de syndicalisation a par conséquent progressé pour atteindre la barre des 34 %. Selon les statistiques de la National Workplace Survey, les syndicats sont beaucoup plus puissants dans le secteur public - où plus de deux tiers (68,7 %) des travailleurs sont syndiqués - que dans le secteur privé - où la part est d’un quart environ (24,9%).4

L. Fulton (2011) La représentation des travailleurs en Europe. Labour Research Department et ETUI (online).