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Syndicats

Le taux de syndicalisation est élevé en Finlande : près des trois quarts des travailleurs sont syndiqués. Les syndicats, qui jouissent d’une autonomie considérable, sont organisés au sein de trois confédérations, plus ou moins par profession et niveau d’études : la SAK, la STTK et l’AKAVA.

On dénombre 2,2 millions de syndiqués en Finlande. Ils ne font pas tous partie de la population active, nombre d’entre eux étant retraités, chômeurs ou étudiants. Même en tenant compte de cette particularité, une très large part des travailleurs sont membres d’un syndicat : selon une étude périodique de Statistiques Finlande, le taux de syndicalisation s’élevait à 74 % en 2008.1 Ce chiffre est supérieur aux résultats de la base de données syndicats ICTWSS, qui a évalué le taux de syndicalisation à 70,0 % en 2010.2

Il existe trois confédérations syndicales en Finlande. Avec 1 043 000 affiliés (janvier 2010), la SAK (Suomen Ammattiliittojen Keskusjärjestö, Organisation centrale des syndicats finlandais) est la confédération la plus importante. Elle représente principalement les travailleurs manuels, mais un tiers de ses membres sont des travailleurs non manuels. La deuxième confédération du pays, la STTK (Toimihenkilökeskusjärjestöry, Confédération des employés), totalise 614 000 adhérents (2010). Elle regroupe la majorité des travailleurs non manuels. L’AKAVA (Confédération des unions des professionnels académiques de Finlande) est la troisième confédération syndicale avec 546 000 membres. Elle fédère les salariés diplômés. Les trois confédérations collaborent étroitement et ont signé un accord de coopération en 1978. La STTK et l’AKAVA se livrent toutefois une certaine concurrence pour attirer les travailleurs diplômés.

Chacune des confédérations se compose de syndicats affiliés séparés, bien qu’on ait assisté à plusieurs fusions au cours de ces dernières années.

La SAK comprend 21 syndicats, principalement organisés par branche. Le plus grand syndicat au sein de la SAK, JHL (syndicat du secteur public et des services sociaux ; 222 500 membres), est né en 2005 d’une fusion impliquant six syndicats. Le deuxième syndicat est le PAM (221 300 membres), qui représente les travailleurs du secteur tertiaire privé. Avec 160 900 membres, le syndicat des métallurgistes arrive en troisième position. La tentative de fusion de plusieurs syndicats de la SAK, dont celui des métallurgistes, s’est soldée par un échec en juin 2009, une minorité de délégués à la conférence des métallurgistes ayant réussi à faire capoter le projet. En revanche, la fusion entre les syndicats des travailleurs de l'industrie chimique et les travailleurs du secteur des médias a été réalisée au début de l’année 2010, donnant naissance au syndicat TEAM (66 900 membres).

Les syndicats affiliés ont leurs propres statuts et jouissent d’une très large autonomie en matière de négociation.

La STTK se compose de 20 syndicats affiliés, organisés par profession et secteur. À l'heure actuelle, le syndicat majoritaire au sein de la confédération est le TEHY (santé) avec 150 000 membres. Avec 130 000 membres, Pro est le deuxième syndicat. Il est né d’une fusion initiée en décembre 2010 entre TU, qui fédère les travailleurs non manuels de l’industrie privée et des services industriels, et Suora, syndicat de la finance. La fusion avait été initialement plus ambitieuse. Mais deux candidats - MDU, le syndicat des médias, et ERTO, un syndicat représentant des salariés de l’administration - se sont retirés du projet. De plus, le nouveau syndicat n’a pas été rejoint par tous les membres de Suora. Les salariés de la Nordea Bank ont décidé de créer leur propre syndicat, qui s’est affilié à la STTK, tandis que les membres de Suora travaillant dans la société publique des alcools sont venus grossir les rangs du troisième syndicat de la STTK, PARDIA, qui regroupe les travailleurs de l’administration centrale (60 000 membres).

L’AKAVA et ses 34 organisations affiliées reposent sur une structure professionnelle. Son principal membre est le syndicat enseignant, l’OAJ (120 000 membres), suivi du syndicat des ingénieurs diplômés, le TEK (72 500 membres).

Sur le plan politique, la SAK n’entretient de relations officielles avec aucun parti politique, tout en étant proche du parti social-démocrate, le SDP. Leurs liens se sont globalement relâchés, bien que les trois syndicats majoritaires de la SAK aient financé la campagne du SDP lors des élections de 2009 et que l'alliance de gauche (Vasemmistoliitto) ait été soutenue dans une moindre mesure par certains syndicats de la confédération. Les deux autres confédérations insistent sur le fait qu’elles ne sont pas des partis politiques.

Le taux de syndicalisation reste élevé en Finlande, l’une des raisons étant que les prestations de chômage sont habituellement versées par les syndicats. Selon les études de Statistiques Finlande, le taux de syndicalisation a légèrement diminué entre 1984 et 1990, passant de 73 % à 72 %, puis est remonté à 79 % en 1997, la crise économique des années 90 incitant les travailleurs à se syndiquer pour bénéficier d’un soutien plus fort en cette période de menace de chômage. Il a ensuite reculé à 77 % en 2003 et 74 % en 2008.3

Les syndicats prennent de plus en plus conscience qu’ils doivent s’employer à recruter de nouveaux affiliés parmi les personnes accédant au marché du travail s’ils veulent maintenir leur poids et leur influence. Les jeunes sont particulièrement visés et les syndicats encouragent les étudiants à les rejoindre. L’AKAVA, par exemple, accueille plus de 100 000 étudiants dans ses rangs, regroupés au sein d’un conseil dédié, l’AOVA. Ils ont contribué à la forte hausse qu’a enregistrée le nombre d'adhérents de l’AKAVA ces dernières années, qui est passé de 375 000 en 2000 à 546 700 en 2009.

L. Fulton (2011) La représentation des travailleurs en Europe. Labour Research Department et ETUI (online).