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Syndicats

Avec près de 70 %, le taux de syndicalisation est élevé au Danemark, bien qu’il soit en recul depuis quelques années. La plupart des affiliés sont regroupés au sein de trois confédérations principales - LO, FTF et AC - organisées par profession et niveau d’études. Les frontières entre les trois structures ne sont cependant pas clairement définies.

Le Danemark compte environ 2,05 millions de syndiqués. La population active se composant de 2,66 millions de personnes hors travailleurs indépendants, le taux de syndicalisation est de 77 %. Ce chiffre est toutefois légèrement plus faible si l'on tient compte des affiliés à la retraite. Une récente étude menée pour le compte de la confédération syndicale majoritaire a établi à 67 % le taux de syndicalisation au Danemark en 2010.1 La base de données des syndicats ICTWSS l’avait chiffré à 68,8 % en 2009.2 Cette forte syndicalisation tient sans doute en partie à la participation des syndicats à la gestion des caisses d'assurance-chômage. Mais il existe d’autres raisons.

LO (Landesorganisationen i Danmark, Confédération danoise des syndicats) est de loin la confédération syndicale majoritaire dans le pays. Les syndicats affiliés à LO totalisent 1 201 300 adhérents (chiffres tirés de l’Annuaire statistique 2010, dont sont également extraites les autres statistiques d’adhésions), travailleurs manuels et non manuels. La deuxième confédération est la FTF (Funktionærernes og Tjenestemændenes Fællesråd, Confédération des employés et des fonctionnaires publics), avec quelque 358 100 membres. Elle se compose pour une large part de syndicats représentant les travailleurs du secteur public, par exemple les fonctionnaires, les enseignants et les infirmiers, mais accueille aussi des syndicats fédérant des travailleurs non manuels du privé, notamment dans le secteur bancaire et financier. La troisième organisation est l’AC (Akademikernes Centralorganisation, Confédération danoise des associations professionnelles), qui regroupe 136 600 adhérents diplômés de l’enseignement supérieur, aussi bien dans le secteur public que privé. L’AC a perdu 43 700 adhérents en 2008 à la suite du départ de son principal syndicat, l’IDA (Société danoise des ingénieurs).

Bien qu’elles soient en concurrence pour les affiliés, les relations entre ces trois confédérations sont généralement bonnes. En avril 2006, LO et FTF ont conclu un nouvel accord de coopération instituant une procédure d’arbitrage des conflits de démarcation.

Il existe d’autres organes syndicaux importants en dehors de ces trois confédérations majoritaires, qui représentent au total 353 600 travailleurs. Outre l’IDA (48 800 membres en 2010), citons le syndicat chrétien KF (101 900 membres) et le syndicat des cadres et des dirigeants LH (82 900 membres).

LO, FTF et AC se composent d’un grand nombre de syndicats.

LO comprend beaucoup de petits syndicats professionnels, mais aussi des fédérations plus importantes, parmi lesquelles : HK (Handels- og Kontorfunktionærernes Forbund, syndicat des employés de commerce et de bureau ; 312 800 membres) ; FOA (Forbundet af Offentligt Ansatte, syndicat du secteur public, 201 000 membres) ; Dansk Metal (syndicat des métallurgistes, 125 800 membres). Le plus grand syndicat de LO est 3F (319 400 membres), issu d’une fusion entre SiD (Specialarbejderforbundet i Danmark, Union générale des travailleurs) et KAD (Kvindeligt Arbejderforbund, syndicat des femmes) en janvier 2005. La structure globale de l’organisation est complexe, avec une combinaison de syndicats professionnels, sectoriels et généraux. Malgré les tentatives visant à limiter la concurrence autour des membres au travers d’accords de démarcation, on observe encore quelques conflits.

La FTF et l’AC reposent sur une organisation à la fois professionnelle et sectorielle. Les principaux membres de la FTF sont le syndicat enseignant (65 900 membres), le syndicat des éducateurs (BUPL, 53 700 membres), le syndicat des infirmiers (53 100 membres) et le syndicat de la finance (46 600 membres). Au sein de l’AC, les organisations majoritaires sont l’association des juristes et des économistes (44 900 adhérents) et le syndicat des travailleurs diplômés de l’enseignement supérieur, Dansk Magisterforening (DM ; 26 100 adhérents).

Les syndicats sont indépendants, mais les organisations centrales, en particulier LO, jouent un rôle déterminant dans la négociation des accords-cadres qui modèlent le système danois.

Historiquement, LO est proche du parti social-démocrate danois et jusqu’en 1995, chacune des deux organisations était représentée au comité exécutif de l’autre. LO a rompu tout lien avec les sociaux-démocrates lors du congrès extraordinaire de février 2003, mettant fin au financement du parti. La FTF et l’AC revendiquent leur totale indépendance vis-à-vis des partis politiques.

Bien que plus élevée que dans d’autres pays, la part des travailleurs syndiqués a reculé au cours des dernières années. Selon la récente étude de LO, le taux de syndicalisation a diminué de 72 % à 67 % depuis 2000.3 L’Annuaire statistique indique que le nombre total d’affiliés a légèrement fléchi de 2000 à 2010, passant de 2,16 millions à 2,05 millions, tandis que le nombre de travailleurs a augmenté au cours de la même période. Parallèlement, on assiste à une redistribution des affiliés entre les principales confédérations syndicales en faveur de la FTF et de l’AC, qui regroupent les travailleurs plus qualifiés, au détriment de LO, tendance qui reflète en partie l’évolution du marché du travail. Les syndicats n’appartenant pas aux grandes confédérations voient leurs rangs grossir encore plus rapidement.

L’Annuaire statistique présente l’évolution du nombre d’affiliés dans les différentes organisations entre 2000 et 2010 : de 1 458 700 à 1 201 300 pour LO ; de 350 300 à 358 100 pour la FTF ; de 150 060 à 136 600 pour l’AC - avec des hausses compensant en partie le départ de l’IDA ; de 79 800 à 82 900 pour LH (syndicat des cadres et des dirigeants) ; de 122 800 à 270 700 pour les autres syndicats, dont 48 800 membres de l’IDA. LO envisage une fusion des trois confédérations, mais cela semble peu probable dans un proche avenir. L’organisation est également préoccupée par l’augmentation du nombre d’adhérents dans les syndicats ne faisant pas partie des principales confédérations, dont les cotisations sont généralement moins élevées que celles des syndicats qui y sont affiliés.

Dans une certaine mesure, la récente baisse du nombre de syndiqués est à mettre en relation avec un recul similaire enregistré par les caisses d'assurance-chômage, traditionnellement gérées par les syndicats. Le nombre d’affiliés à ces caisses est passé de 2,38 millions en 2000 à 2,07 millions en 2010. Il est possible d’être affilié à une caisse d'assurance-chômage sans appartenir à un syndicat, mais les deux vont de paire pour la plupart des Danois.

S’inquiétant de ces tendances, les syndicats ont organisé des campagnes de recrutement, visant plus particulièrement les jeunes et les travailleurs migrants.

L. Fulton (2011) La représentation des travailleurs en Europe. Labour Research Department et ETUI (online).