Syndicats
En Belgique, les syndicats sont regroupés dans des confédérations concurrentes, qui affichent des positions politiques marquées. Les deux principales confédérations, la CSC/ACV et la FGTB/ABVV, sont liées respectivement aux mouvements chrétien et démocrate, tandis que la CGSLB/ACLVB, plus petite, est apparentée aux libéraux. Malgré leurs divergences, les syndicats coopèrent et plus de la moitié de la population active est syndiquée, avec un nombre d’affiliés à la hausse.
En Belgique, les syndicats sont regroupés dans des confédérations concurrentes, qui affichent des positions politiques marquées. Les deux principales confédérations, la CSC/ACV et la FGTB/ABVV, sont liées respectivement aux mouvements chrétien et démocrate, tandis que la CGSLB/ACLVB, plus petite, est apparentée aux libéraux. Malgré leurs divergences, les syndicats coopèrent et plus de la moitié de la population active est syndiquée, avec un nombre d’affiliés à la hausse.
Selon les statistiques des syndicats, la Belgique compte 3,4 millions de syndiqués. Précisons toutefois que, du fait que les prestations de chômage sont normalement versées par les syndicats, bon nombre de chômeurs sont syndiqués et beaucoup de syndiqués sont retraités (par exemple, selon les chiffres de la plus grande confédération syndicale, la CSC/ACV, 30 % de ses affiliés n'avaient pas d’emploi en 2009)1 . Il se peut également que ces chiffres soient gonflés en raison de la concurrence que se livrent les organisations. Cela signifie que le nombre d’affiliés en activité est en réalité plus faible. La base de données des syndicats ICTWSS a chiffré le taux de syndicalisation en Belgique à 52,0 % en 2009.2
On trouve deux grandes confédérations syndicales en Belgique : la Confédération des syndicats chrétiens CSC/ACV, avec 1 658 000 membres (2009), et la Fédération générale du travail de Belgique, FGTB/ABVV, de tendance socialiste, avec 1 482 000 affiliés (2010). Il y a aussi la confédération libérale, plus modeste, la CGSLB/ACLVB, qui compte 265 400 adhérents (2010). Ces trois confédérations ont acquis le statut de syndicats « représentatifs » grâce au large soutien dont elles bénéficient (la nouvelle législation qui clarifie la définition des « syndicats les plus représentatifs » est entrée en vigueur en décembre 2009). Elles peuvent par conséquent signer des accords et présenter des candidats aux élections des conseils d’entreprise. Enfin, la Confédération Nationale des Cadres, la CNC/NCK, avec moins de 20 000 membres, dispose de droits limités pour représenter cette catégorie de travailleurs.
Le nombre de sièges remportés lors des élections des conseils d’entreprise, qui ont lieu tous les quatre ans, constitue l’un des indicateurs du poids des différentes confédérations. Aux élections de 2008, la CSC/ACV a gagné 57,4 % des sièges (52,5 % des voix), la FGTB/ABVV 34,5 % (36,2 % des voix), la CGSLB/ACLVB 6,5 % (9,7 % des voix) et la CNC/NCK 1,1 % (0,9 % des voix). Les conseils d’entreprise ne peuvent être créés quand dans les entreprises employant plus de 100 personnes. Mais les résultats des élections aux comités de santé et de sécurité, pour lesquels le seuil est fixé à 50 salariés, sont très similaires.
L’une des caractéristiques des relations professionnelles en Belgique est le clivage entre les communautés/régions francophone et néerlandophone ou flamande, qui affecte tous les aspects de la société belge. Le droit du travail est édicté au niveau national, mais la division entre les communautés a une incidence sur les relations entre syndicats. Autre conséquence de ce particularisme : tous les organismes et organisations ayant trait aux relations professionnelles ont un nom et une abréviation en français et en flamand.
Le poids et les effectifs des deux confédérations majoritaires ne sont pas répartis de manière homogène dans l’ensemble du pays. Traditionnellement, la CSC/ACV est plus présente dans le Nord flamand, alors que la FGTB/ABVV bénéficie d’un plus large soutien dans le Sud francophone. Cependant, les élections de 2008 aux conseils d’entreprise et aux comités de santé et de sécurité ont confirmé l’avance de la CSC/ACV sur la FGTB/ABVV dans les deux organes, aussi bien en termes de sièges que de votes, dans les trois régions belges : Flandre (nord), Wallonie (sud) et Bruxelles (capitale).
Les deux principales confédérations se composent de plusieurs syndicats. Pour les travailleurs manuels du secteur privé, l’organisation est principalement sectorielle (métallurgie, industrie alimentaire, etc.). Les travailleurs non manuels et les travailleurs du secteur tertiaire privé sont regroupés dans des syndicats séparés au sein des deux confédérations. Ces dernières accueillent également un syndicat distinct pour les travailleurs des services publics. Par ailleurs, certains syndicats affiliés à la CSC/ACV sont cantonnés à un seul groupe linguistique. Le syndicat le plus important affilié à la CSC/ACV, la LBC-NVK (315 000 membres), représente les travailleurs non manuels et les travailleurs du secteur des services de langue flamande, tandis que la CSC/ACV (160 000 membres) fédère les mêmes catégories professionnelles, mais francophones. Il n’y a pas de syndicats sectoriels au sein de la confédération libérale.
La CSC/ACV est plus centralisée que la FGTB/ABVV, où les syndicats jouissent d’une très large autonomie. Par exemple, la CSC/ACV gère un fonds de grève centralisé, tandis que chaque syndicat affilié à la FGTB/ABVV dispose de son propre fonds de grève.
Les deux principales confédérations sont issues de traditions très différentes et continuent d’afficher des orientations politiques divergentes. La FGTB/ABVV est apparentée au parti socialiste. La CSC/ACV appartient au mouvement des travailleurs chrétiens, qui englobe également des sociétés de secours mutuel, ainsi que des groupes de jeunes et de femmes. Dans la région flamande - mais pas dans le Sud francophone - ce mouvement a choisi le Parti populaire chrétien pour servir au mieux ses intérêts politiques. Malgré tout, ces deux confédérations travaillent souvent main dans la main avec succès.
Les syndicats ont réussi à recruter de nouveaux affiliés au cours des dernières années, ce qui a entraîné une hausse de la part globale des travailleurs syndiqués dans la population active belge. En plus des prestations de chômage et des services juridiques qu’ils proposent, les syndicats versent, dans de nombreux secteurs, une prime syndicale annuelle à leurs membres payée par les employeurs, qui peut s’élever à plus de la moitié de la cotisation syndicale annuelle.

