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Négociations collectives

Les accords sectoriels prédominent en Autriche. Du fait que les employeurs sont généralement représentés par les chambres de commerce, auxquelles ils sont dans l’obligation d’adhérer, les conventions couvrent la quasi-majorité des travailleurs.

En Autriche, les négociations sont menées essentiellement au niveau sectoriel. Toute négociation conduite au sein d’une entreprise est subordonnée aux conventions sectorielles. Les travailleurs manuels et non manuels sont souvent régis par des accords séparés, ce qui reflète la structure du paysage syndical autrichien, même si cela est moins fréquent que par le passé.

L’ÖGB ne fixe aucune norme salariale globale. En règle générale, les syndicats revendiquent une augmentation des revenus réels indexés sur la croissance économique.

Conformément à la loi, les conventions collectives couvrent tous les salariés des employeurs qui ont signé l’accord, que les salariés soient affiliés ou non aux syndicats signataires.

Traditionnellement, les actions des syndicats, des employeurs et de l’État sont très fortement influencées par une approche commune de partenariat social, reposant sur de puissants liens réciproques entre les syndicats, les principaux partis politiques et le gouvernement. La politique du gouvernement de coalition composé du Parti populaire autrichien (ÖVP) de centre-droit et du Parti libéral autrichien (FPÖ) d'extrême droite, formé en 2000, a donné lieu à de nombreux affrontements avec les syndicats. Mais après la dissolution du FPÖ en 2005 et la courte victoire des sociaux-démocrates du SPÖ aux élections de 2006, le partenariat social a retrouvé ses couleurs. La force des liens entre syndicats, employeurs et gouvernement est illustrée par l’entrée dans le gouvernement de coalition formé en 2008 de Rudolf Hundstorfer, président de l’ÖGB jusqu’à sa nomination, au poste de Ministre des affaires sociales et de Reinhold Mitterlehner, secrétaire général adjoint de la chambre de commerce représentant les employeurs, au poste de Ministre de l’économie.

Qui négocie et quand ?

Les négociations font normalement intervenir les syndicats d’un côté et les chambres de commerce de l’autre. Ces dernières sont des entités juridiques qui représentent les entreprises de la plupart des secteurs et auxquelles tous les employeurs sont légalement tenus d’adhérer (il existe des chambres similaires pour les travailleurs – les chambres du travail – dont l’adhésion est également obligatoire, mais, bien que soutenant les travailleurs et leurs syndicats par d’autres biais, elles ne participent pas aux discussions).

Les organisations patronales conduisent les négociations à la place des chambres de commerce dans un nombre limité de professions : une partie du secteur financier et une partie de l'industrie de l’imprimerie et de la presse. En conséquence, les accords conclus bénéficient d’une très large couverture en Autriche, qui correspond à 95 % de la population active selon les estimations.1 Au cours des dernières années, certaines conventions collectives ont autorisé la négociation de l’augmentation salariale annuelle au niveau local, dans la mesure où celle-ci est légèrement supérieure à l’augmentation générale. Cette option n’a été choisie que dans la minorité des cas. Quand elle l’a été, les négociations ont été menées par le comité d’entreprise et la direction de l’entreprise, avec généralement pour priorité l’augmentation des bas salaires.

Les négociations sont normalement conduites une fois par an au niveau national, le rythme des négociations étant habituellement donné par les métallurgistes. Au total, les syndicats affiliés à l’ÖGB signent plus de 700 accords chaque année.

Objet des négociations

Les négociations portent sur différentes questions, telles que les pensions, l’humanisation des méthodes de travail, les salaires ou les conditions générales. Les négociations salariales fixent les augmentations en pourcentage à la fois des salaires minima et des salaires effectifs versés par les entreprises, qui sont habituellement plus élevés. La politique des syndicats est que l’augmentation des salaires minima doit être plus importante que celles des salaires effectifs afin de soutenir les bas salaires.

Il n’existe pas de salaire minimum national unique en Autriche. En juillet 2007, l’ÖGB et la chambre de commerce autrichienne ont toutefois convenu de mettre tout en œuvre pour veiller à ce qu’aucune convention collective fixant un salaire minimum en deçà d’un certain seuil – 1 000 € par mois – ne soit signée. Cet objectif a largement été atteint. L’ÖGB vise maintenant le seuil de 1 300 €, mais les employeurs n’ont pas encore donné leur accord.

L. Fulton (2013) La représentation des travailleurs en Europe. Labour Research Department et ETUI. Réalisé avec l'aide du Réseau SEEurope, publication en ligne, disponible sur : http://fr.worker-participation.eu/Systemes-nationaux