Représentation des salariés aux conseils des entreprises
Dans les pays de l’UE plus la Norvège, les modalités de représentation des travailleurs aux conseils d'administration et de surveillance peuvent être classées dans trois groupes. Dans dix pays, la représentation des travailleurs aux conseils des entreprises est inexistante. Dans six pays, elle est limitée aux entreprises publiques ou récemment privatisées. Dans le groupe le plus important, comprenant 12 pays, les travailleurs sont représentés aux conseils des sociétés privées à partir d'un certain effectif. Ce seuil est très variable selon les pays, tout comme les autres critères de représentation.
Dans la majorité des 27 pays de l'UE plus la Norvège, la législation autorise la représentation des travailleurs aux conseils des entreprises, celle-ci étant parfois limitée aux entreprises totalement ou partiellement publiques ou récemment privatisées.
Il n'existe aucun dispositif de représentation des travailleurs aux conseils des entreprises dans 10 pays seulement : Bulgarie, Chypre, Estonie, Italie, Lettonie, Lituanie, Malte (où il n’y a de représentants des travailleurs que dans les sociétés appartenant à un syndicat et au Parti travailliste), Portugal, Roumanie et Royaume-Uni. On pourrait aussi affirmer que ni Chypre ni le Portugal ne devraient figurer sur cette liste. À Chypre, des représentants syndicaux ont été récemment nommés au conseil de deux banques. Au Portugal, il existe bel et bien un droit constitutionnel permettant aux travailleurs d'être représentés aux conseils des entreprises publiques, mais celui-ci n'a jamais été exercé.
Dans cinq pays, la représentation des travailleurs aux conseils d'administration et de surveillance est limitée à certaines entreprises d'État ou municipales : Belgique (bien que très peu d’entreprises soient concernées), Grèce, Irlande, Pologne (où les sociétés partiellement privatisées sont également concernées, bien que le gouvernement cherche à réduire la représentation des travailleurs aux conseils des entreprises) et Espagne (où les travailleurs sont représentés au conseil des caisses d'épargne locales et de certaines sociétés publiques). En France, la représentation des travailleurs aux conseils s'étend aux entreprises récemment privatisées et les entreprises françaises peuvent décider de leur plein gré de nommer des représentants du personnel à leurs conseils d'administration et de surveillance.
Dans les 12 derniers pays, qui forment le groupe le plus important, la représentation des travailleurs aux conseils des entreprises s’étend aux sociétés privées. Certains États fixent des modalités ou des seuils d'effectifs différents pour les entreprises publiques. Ce groupe comprend les pays suivants : Autriche, République tchèque (où le gouvernement envisage toutefois de rendre cette représentation facultative), Danemark, Finlande, Allemagne, Hongrie, Luxembourg, Pays-Bas, Norvège, Slovaquie, Slovénie et Suède. Le nombre de salariés à partir duquel ceux-ci sont représentés varie de 25 en Suède à 1 000 au Luxembourg.
Les mécanismes diffèrent également en ce qui concerne la part des sièges occupés par les représentants des travailleurs - d’un quart en Finlande à la moitié dans certaines entreprises allemandes et slovènes - et l’organe auquel ils siègent - au conseil de surveillance, comme en République tchèque et en Slovaquie, ou à un conseil d'administration unique, comme au Danemark et en Suède.
Ces différences sont examinées en détail dans les sections sur les pays. Nous y décrivons également d’autres caractéristiques. Celles-ci comprennent la limite des pouvoirs conférés aux travailleurs (au Danemark, en Finlande et en Suède, par exemple, ils ne peuvent pas intervenir dans la négociation collective) et les critères de nomination (aux Pays-Bas, ni les salariés, ni les personnes menant les négociations avec l’entreprise ne sont éligibles, tandis que la législation allemande a spécifiquement prévu l’élection de secrétaires syndicaux externes pour les grandes entreprises).
| Pays | Type d’entreprises concernées | Étendue de la représentation |
| Autriche | Entreprises de plus de 300 salariés | Un tiers du conseil de surveillance |
| Belgique | Nombre limité d’entreprises publiques | Variable |
| Bulgarie | Il n’existe aucun dispositif de représentation des travailleurs aux conseils des entreprises, mais ceux-ci possèdent certains droits leur permettant de s’exprimer au sein des assemblées générales des actionnaires. | |
| Chypre | Aucune forme statutaire de représentation des travailleurs aux conseils des entreprises | |
| République tchèque | Entreprises publiques et entreprises privées de plus de 50 salariés | Un tiers du conseil de surveillance |
| Danemark | Entreprises de plus de 35 salariés | De deux membres à un tiers du conseil (conseil de surveillance dans les sociétés anonymes publiques) |
| Estonie | Aucun dispositif de représentation des travailleurs | |
| Finlande | Entreprises de plus de 150 salariés | Un quart des membres du conseil ou d’un autre organe de décision |
| France | Entreprises publiques et récemment privatisées | Un tiers du conseil des entreprises publiques, environ un cinquième dans les autres entreprises |
| Allemagne | Entreprises de plus de 500 salariés | Un tiers du conseil de surveillance dans les entreprises de plus de 500 salariés, la moitié dans les entreprises de plus de 2 000 salariés ; dispositions spéciales dans l’industrie houillère et sidérurgique, y compris représentation au conseil d’administration |
| Grèce | Entreprises publiques | Deux membres du conseil |
| Hongrie | Entreprises de plus de 200 salariés | Un tiers des membres du conseil de surveillance (moins de droits dans les systèmes monistes) |
| Irlande | Entreprises publiques | Un tiers du conseil (moins dans certaines entreprises plus petites) |
| Italie | Aucun dispositif de représentation des travailleurs | |
| Lettonie | Aucun dispositif de représentation des travailleurs | |
| Lituanie | Aucun dispositif de représentation des travailleurs | |
| Luxembourg | Entreprises de plus de 1 000 salariés ou avec participation de l’État | Un tiers du conseil dans les entreprises de plus de 1 000 salariés, jusqu'à un tiers dans les autres entreprises |
| Malte | Aucun dispositif de représentation des travailleurs hormis dans les entreprises appartenant à un syndicat et au Parti Travailliste | |
| Pays-Bas | Entreprises de plus de 100 salariés | Jusqu’à un tiers du conseil de surveillance |
| Norvège | Entreprises de plus de 30 salariés | Un administrateur dans les entreprises de 30 à 50 salariés ; un tiers des sièges dans les entreprises de plus de 50 salariés, avec la possibilité d’un siège supplémentaire dans les entreprises de plus de 200 salariés |
| Pologne | Entreprises publiques et partiellement privatisées | Dans les entreprises publiques, les conseils des travailleurs jouissent de pouvoirs importants ; dans les entreprises partiellement privatisées, les salariés occupent d’un tiers à 40 % des sièges du conseil de surveillance et un siège du conseil d’administration |
| Portugal | Entreprises publiques | Droit constitutionnel de représentation, mais jamais appliqué |
| Roumanie | Aucun dispositif de représentation des travailleurs | |
| Slovaquie | Entreprises publiques et privées de plus de 50 salariés (autres conditions également) | La moitié du conseil de surveillance dans les entreprises publiques, un tiers dans les entreprises privées |
| Slovénie | Entreprises dotées d’un conseil de surveillance ; entreprises avec conseil d’administration unique de plus de 50 salariés (autres conditions également) | D’un tiers à la moitié des sièges dans les entreprises de plus de 500 salariés dotées d’un conseil de surveillance et d’un conseil d’administration ; environ un tiers dans les entreprises avec conseil d’administration unique |
| Espagne | Certaines entreprises publiques et récemment privatisées, caisses d’épargne locales | Deux membres dans les entreprises publiques ; de 5 % à 15 % dans les caisses d’épargne |
| Suède | Entreprises de plus de 25 salariés | Environ un tiers dans les systèmes monistes |
| Royaume-Uni | Aucun dispositif de représentation des travailleurs | |
COMPARATIVE TABLE: Board-level representation in the EU-27
The table comprises information on board-level representation in the 27 EU member states.
It is available in ENGLISH, GERMAN, FRENCH, ITALIAN and SPANISH.
more ...Map: Board-level representation in the EU-27+3
The map provides a first overview on the representation of workers on supervisory or administrative boards in Europe. In 18 out of 30 member states of the EU-27 and the European Economic Area (EEA) worker participation at board level represents a statutory element of the national corporate governance system. In 12 countries these rules concern both state-owned and private companies.
ETUI Publications on board-level representation:
Transfer 1/2008: Does good corporate governance need worker participation?
The European Company - Prospects for worker board-level participation in the enlarged EU
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