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Aperçu général du secteur

Ce qu’on appelle le secteur « services aux personnes » ne recouvre pour l’instant, dans le dialogue social sectoriel européen, que le domaine de la coiffure et des soins de beauté. Ce secteur se caractérise par un nombre important de (petites) entreprises générant plus d’un million d’emplois.

On estime généralement qu’il existe quelque 400 000 salons de coiffure dans l’Union européenne (Marjolein Peters, Prim van der Valk, Le commerce de la coiffure dans l’Union européenne, en Norvège et en Suisse, EIM Small Business Research and Consultancy, Zoetemeer, 1999). Cette activité génère un nombre important d’emplois — 1,5 million, selon la Commission européenne —, et pourtant cette profession estime souffrir d’un manque de reconnaissance en tant qu’acteur économique de poids.

Certains la comparent au secteur Horeca ; la structure des entreprises va de la multitude de petits salons de coiffure de quartier jusqu’à quelques grandes chaînes internationales. En général, l’emploi dans la coiffure et les soins de beauté est un emploi considéré comme hautement qualifié, et il est surtout féminin (à plus de 80 %, selon la Commission). Dans les grandes chaînes de coiffure, il est fréquent que le salon soit géré par un manager qualifié entouré de jeunes coiffeuses débutantes, apprenties ou même stagiaires. Notons que c’est donc à un âge où celles-ci peuvent connaître des grossesses qu’elles sont confrontées à l’usage de produits cosmétiques et ingrédients potentiellement nuisibles à la santé (allergies, maladies professionnelles).

On trouve également dans ce secteur de nombreux emplois à temps partiels, des statuts d’indépendants (franchisés ou non), et des salaires relativement bas. Par ailleurs, le travail au noir y est fréquent.

Au cours des dernières années, d’importantes évolutions ont marqué ce secteur, parmi lesquelles l’apparition de nouveaux produits et de nouvelles techniques. Mais on constate aussi le développement de la vente de produits semi-professionnels dans la grande distribution, poussant les consommateurs à les utiliser eux-mêmes chez eux (par exemple, les teintures capillaires). Ce qui, dans certains cas, peut poser de graves problèmes de santé et de sécurité. Cette évolution amène d’ailleurs les professionnels du secteur à mettre en avant la nécessité d’un usage réellement professionnel des produits cosmétiques, et l’utilité pour les travailleurs d’une bonne formation. Or de ce point de vue, certains segments de ce secteur se caractérisent par un manque de personnel qualifié en raison, notamment, d’une formation professionnelle jugée insuffisante. Rien d’étonnant, dès lors, à ce que le dialogue social européen de ce secteur ait, dès l’origine, mis l’accent sur les questions de formation, et de santé-sécurité.

Observatoire social européen (2010) Fiches sur le dialogue social sectoriel européen. Projet coordonné par Christophe Degryse, www.worker-participation.eu/EU-Social-Dialogue/Sectoral-ESD