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Aperçu général du secteur

Le secteur de la sécurité privé couvre un très large panel d’activités, allant de la surveillance de biens au transport de valeurs, en passant par la protection des personnes, le contrôle d’accès ou encore la conception, l’installation et la gestion de centrales d’alarmes. Il comprend à la fois des grandes entreprises multinationales comme Group 4 Securicor, Securitas, Prosegur ou Brink’s et de nombreuses entreprises de taille plus réduites.

En 2008, ce secteur représentait 50 000 entreprises et un chiffre d’affaires de 15 milliards d’euros, contre 33 000 entreprises dans l’Europe des 27 en 2006. Le développement du secteur est particulièrement soutenu dans les nouveaux États membres. L’emploi total pour la surveillance humaine et le transport de valeurs peut être évalué à 1,7 million d’actifs (contre 1,4 million en 2006). Il s’agit, dans la toute grande majorité, d’emploi masculin (80 %). Pour la seule surveillance humaine, on compte une moyenne européenne d’environ 237 agents de sécurité privée pour 100 000 habitants. En 2006, trois pays rassemblaient près de la moitié de l’emploi de la sécurité privée en Europe : Royaume-Uni (22 %), Allemagne (12 %) et Pologne (12 %).

En matière de législation, de contrôle par les pouvoirs publics, de conditions d’accès à la profession, de niveau de formation des salariés, il existe une grande diversité d’approche d’un Etat de l’Union à l’autre. De même, le champ d’activité couvert par ce secteur varie : ainsi, en Suède, il va jusqu’aux services d’ambulance et d’assistance en cas d’incendie ; au Royaume-Uni, il va jusqu’au transfert de détenus et la gestion des prisons.

À l’échelle européenne, on assiste depuis plusieurs années à un important développement du secteur. Ceci s’explique notamment par le développement de nouveaux types d’espaces privés (centres commerciaux, culturels ou sportifs, parcs de loisirs…) dont la fonction est d’être ouverts à un large public. Mais un autre élément d’explication tient aussi à l’engorgement du service public de police lié à l’augmentation de la demande sociale de sécurité, et à la situation budgétaire des Etats qui pousse les pouvoirs publics à recentrer leurs activités sur le « cœur du métier » policier (volet judiciaire) et à contractualiser certains activités de police telles que la garde statique ou la patrouille de voie publique. Enfin, les événements du 11 septembre 2001 (attentats terroristes) ont contribué à attirer l’attention sur ce secteur.

Cette évolution générale pose le problème de l’articulation entre les secteurs publics et privés en matière de sécurité, auxquels les différents États membres ont donné des réponses très différentes. Elle pose également la question des évolutions nécessaires du secteur pour s’adapter à ce nouveau contexte. En effet, la sécurité privée fait face à nombreuses difficultés : une concurrence acharnée entre firmes peut conduire à des pratiques préjudiciables aux employés et au bon fonctionnement du marché (dumping, recours aux faux indépendants pour contourner la législation sociale, enchères inversées). Par ailleurs, la profession manque d’attractivité et peine à stabiliser sa main-d’œuvre, à la fois en raison de la nature et des conditions de travail (stress, isolement, travail de nuit et le week-end), des faibles perspectives de carrière et des bas niveaux de salaires. C’est notamment pourquoi le secteur tente d’améliorer son image par l’amélioration des conditions de travail (en particulier sur la question du stress) et par la formation professionnelle.

Quant aux États, ils jouent vis-à-vis du secteur un rôle ambigu. D’une part, ils souhaitent participer aux efforts de « moralisation » de la profession, mais d’autre part, ils poussent en tant que clients à une baisse des prix, ce qui favorise le maintien de pratiques douteuses en vigueur dans le secteur.

Observatoire social européen (2010) Fiches sur le dialogue social sectoriel européen. Projet coordonné par Christophe Degryse, www.worker-participation.eu/EU-Social-Dialogue/Sectoral-ESD