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Aperçu général du secteur

À l’origine, la Communauté européenne ne s’est construite dans le domaine de l’énergie qu’au travers des traités CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier) et CEEA (Communauté européenne de l’énergie atomique). En 1974, c’est-à-dire après le premier choc pétrolier, la mise en place d’une stratégie de politique énergétique apparaît nécessaire afin de réduire les conséquences de ce choc.

Durant les années 1980, la Communauté commence peu à peu à définir des objectifs énergétiques communs. Au début des années 1990, le secteur de l’énergie entre dans une période de mutations marquée par l’accroissement de la dépendance énergétique de l’Europe (en 1996, celle-ci importe 48,2 % de sa consommation énergétique), par les contraintes de la protection de l’environnement découlant de l’accroissement de la consommation et par les changements géopolitiques (effondrement de l’Union Soviétique) affectant à la fois l’approvisionnement de la Communauté et le développement de la consommation.

Le secteur de l’électricité en Europe représente aujourd’hui quelque 11 000 compagnies, et compte pour 77 % de la valeur ajoutée totale du secteur de l’énergie, le reste provenant des industries du gaz et de la fourniture d’eau chaude. L’électricité représente 20,6 % de la consommation finale d’énergie de l’UE. Elle est produite à 57,7 % par des centrales thermiques classiques, 18,4 % par des centrales hydroélectriques, et 17,6 % par des centrales nucléaires.

Depuis la fin des années 1990, l’Union européenne met en place une politique de libéralisation et d’européanisation du marché de l’électricité et du gaz, qui prévoit la libéralisation des prix, la séparation des activités de transport et de distribution d’électricité de celles relevant de la production et de la fourniture aux consommateurs, et la liberté de choix du fournisseur pour les entreprises comme pour les consommateurs. Des infrastructures transnationales (réseaux transeuropéens) ont par ailleurs été créées pour faciliter le commerce international et interrégional d’électricité.

La libéralisation a provoqué dans de nombreux États membres la privatisation d’entreprises du secteur. Le marché de l’énergie reste cependant un secteur plus régulé que d’autres, et où la concentration reste forte : le nombre d’entreprises a augmenté, mais les nouveaux entrants ne détiennent souvent qu’une faible part de marché et le secteur a connu une importante vague de fusions et d’acquisitions au cours de la dernière décennie.

L’ouverture des marchés et les libéralisations ont provoqué depuis le milieu des années 1990 une chute très importante de l’emploi, mais celle-ci semble aujourd’hui arrivée à son terme et le secteur pourrait connaître un manque de main-d’œuvre parmi les salariés les plus qualifiés, en raison notamment d’une image qui attire assez peu les jeunes diplômés. Selon Eurostat, au milieu des années 2000, le secteur de l’électricité employait encore quelque 870 000 personnes. Les pertes d’emplois liées à l’ouverture des marchés depuis 1995 représenteraient un déclin de l’ordre de 25 % de l’emploi total dans les « anciens » États membres de l’UE.

La politique énergétique de l’Union doit également tenir compte des engagements de l’UE en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (provenant à 80 % du secteur de l’énergie). L’un des grands enjeux actuels du secteur est la lutte contre le dérèglement climatique, avec le développement de sources renouvelables d’énergie, l’efficacité énergétique, le développement du transport électrique, etc.

Observatoire social européen (2010) Fiches sur le dialogue social sectoriel européen. Projet coordonné par Christophe Degryse, www.worker-participation.eu/EU-Social-Dialogue/Sectoral-ESD