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Aperçu général du secteur

Le secteur de la chaussure, un secteur à forte intensité de main-d’œuvre et composé de nombreuses PME, est confronté à une série d’enjeux liés à la libéralisation du commerce international. Depuis de nombreuses années, ces enjeux se déclinent en restructurations, déclin de l’emploi, délocalisations, mais aussi en nécessité de valoriser les avantages concurrentiels européens.

Le secteur de la chaussure se caractérise par de nombreuses petites et très petites entreprises. Il fait partie des trois secteurs constituant ce qu’on appelle globalement la « filière mode » : chaussure, textile-habillement, tannerie et cuir. Pour un aperçu général de cette filière mode, voir la fiche « Textile-Habillement ».

Le secteur de la chaussure se caractérise par la taille des entreprises — pour la plupart des petites entreprises ou des PME —, la haute intensité de main-d’œuvre, et l’importance de l’emploi féminin relativement peu qualifié. Selon la Commission européenne, ce secteur employait, en 2006, quelque 388 000 personnes au sein de 26 000 entreprises (pour la plupart implantées en Italie, Espagne et Portugal, mais aussi en République tchèque, en Hongrie, en Pologne et en Slovaquie).

À l’instar du secteur « textile-habillement », ce secteur est confronté à une série d’enjeux liés à la libéralisation du commerce international. Depuis le 1er janvier 2005, en effet, les dernières restrictions sur les importations de chaussures en provenance de Chine ont été levées. Depuis lors, la Chine et le Vietnam sont devenus les principaux fournisseurs extérieurs de chaussures dans l'UE ; ces deux pays représentant à eux seuls plus de 60 % des importations dans l'UE (en valeur).

Pour l’Europe, les enjeux de cette libéralisation se déclinent donc en : concurrence accrue de pays aux coûts de main-d’œuvre peu élevés, restructurations d’entreprises et chute du nombre d’entreprises actives, déclin de l’emploi, et nécessité vitale de valoriser les avantages concurrentiels européens (qualité technique des produits, mode et esthétique, image de marque…).

Cependant, il serait erroné de penser que les difficultés structurelles du secteur seraient nées en 2005. Celles-ci existaient déjà bien avant. Depuis le début des années 1990, le secteur connaît des pertes d’emplois supérieures à la moyenne de l’industrie manufacturière européenne. Ces pertes d’emplois s’expliquent alors par des investissements de modernisation, mais surtout par les délocalisations de sites de production vers des pays extracommunautaires…

Observatoire social européen (2010) Fiches sur le dialogue social sectoriel européen. Projet coordonné par Christophe Degryse, www.worker-participation.eu/EU-Social-Dialogue/Sectoral-ESD