Home / Dialogue social européen / Sectoral ESD / Banques / Aperçu général

Aperçu général du secteur

Le rôle des banques dans l’économie est de faire commerce de l’argent : récolter les dépôts des particuliers, accorder des prêts commerciaux, financer des investissements productifs. Dans les années 1990, le monde bancaire européen a connu la révolution des « 3 D » : déréglementation, désintermédiation et déspécialisation. Aujourd’hui, les banques peuvent offrir tous les services financiers à leurs clients : dépôt, prêt, crédit hypothécaire, assurances, valeurs mobilières, etc. Leurs activités sont, depuis la crise financière de 2008-2009, sous la loupe des législateurs nationaux et européens.

Au cours des 15 ou 20 dernières années, le secteur bancaire européen a été marqué par de profondes évolutions: forte diversification des activités, nombreuses fusions d’établissements (en raison notamment de l’achèvement du marché unique européen et de la monnaie unique), accroissement de la taille des établissements, et renforcement de la concurrence. Le secteur a connu une baisse du nombre d’institutions de crédit (9 770 en 1993 ; 8 348 en 2007) mais un accroissement de leur taille. Résultats : le secteur est de plus en plus concentré : les cinq premières institutions de crédit représentaient, en 2007, 44,3% du total des actifs de l’Union (European Central Bank, EU Banking structures, October 2008).

Avec la crise financière et économique de 2008, le palmarès des plus grandes capitalisations bancaires européennes a certes été bousculé, mais le secteur est resté très concentré, voire davantage (HSBC, Barclays au Royaume-Uni, Santander en Espagne, BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale en France, Crédit suisse, UBS, ING et ABN Amro aux Pays-Bas, etc.)

Sur le plan de l’emploi, celui-ci a crû jusqu’en 2007, atteignant quelque 3,18 millions d’actifs. Mais la crise financière a été en 2009 à l’origine d’importantes destructions d’emploi. Uni-Europa évalue à 200 000 le nombre d’emplois qui pourraient être détruits par la crise dans le secteur en Europe et en Amérique du Nord.

En ce qui concerne les enjeux européens, il faut tout d’abord noter que le secteur bancaire est relativement peu intégré au niveau communautaire, en particulier dans le domaine de la banque de détail. Au niveau de l’UE, 71% du total des actifs bancaires sont détenus par des institutions de crédit domestiques. L’intervention d’acteurs étrangers sur les marchés domestiques, très faible dans les pays de la zone euro, est plus marquée dans les pays d’Europe centrale et orientale, en lien avec le rôle important qu’y jouent les filiales des groupes bancaires de la zone euro.

Par ailleurs, même si la majorité des fusions et acquisitions ont lieu entre institutions bancaires nationales, on peut relever depuis 2003 l’apparition de fusions-acquisitions transfrontalières (rachat de groupe espagnol Santander par la banque britannique Abbey National en 2004, de l’allemand HVB par UniCredito Italiano en 2005, prise de contrôle du néerlandais ABM AMRO Holding par la Royal Bank of Scotland, Fortis, Banco Santander en 2007, rachat de Fortis par BNP Paribas en 2008…).

Depuis la fin des années 1990, l’un des principaux objectifs de l’activité législative communautaire dans ce secteur a été de promouvoir l’intégration financière européenne. La Commission a par exemple travaillé à la convergence des pratiques de contrôle et a cherché, en particulier à partir de 2005, à renforcer la concurrence entre prestataires de services au sein de l’UE, en particulier sur les marchés de détail. Elle a par ailleurs élaboré une proposition de directive visant à harmoniser le traitement des demandes de fusion et d’acquisition dans l’UE pour limiter les obstacles réglementaires ou l’ingérence politique dans ce domaine.

Mais avec la crise financière, cet agenda politique a été bousculé. En un premier temps, cette crise a conduit à une intervention massive des Etats pour sauver les banques de la faillite, et à une consolidation du secteur (rachat par la Commerzbank de la Dresdner Bank et de IKB par Lonestar en Allemagne, fusion des groupes Caisse d’Epargne et Banque Populaire en France, rachat de Fortis par BNP Paribas). En un second temps, la nécessité d’une supervision et d’une régulation plus strictes, empêchant les banques dites « systémiques » de prendre des risques inconsidérés pour l’économie tout entière est devenue une priorité politique. Mais cette priorité politique demeure très délicate à mettre en œuvre au niveau européen, tant certains États membres demeurent jaloux de leurs prérogatives dans ce secteur.

Observatoire social européen (2010) Fiches sur le dialogue social sectoriel européen. Projet coordonné par Christophe Degryse, www.worker-participation.eu/EU-Social-Dialogue/Sectoral-ESD