Home / Dialogue social européen / Sectoral ESD / Acier / Aperçu général

Aperçu général du secteur

La sidérurgie est une industrie qui suit en grande partie l’évolution économique cyclique de secteurs en amont tels que l’automobile, la construction navale, le chemin de fer, etc.). Elle a connu, depuis trois ou quatre décennies, de très importantes restructurations, accompagnées de très fortes réductions de l’emploi…

La sidérurgie désigne l’industrie et les techniques d'obtention de l’acier, du fer et de la fonte à partir de minerai. Dans les sociétés industrielles, la demande de fer et d’acier provient de nombreuses industries en aval (automobile, construction, construction navale, chemin de fer, biens de consommation, etc.). Cette demande suit en grande partie l’évolution économique cyclique de ces secteurs. Par ailleurs, la production de métaux de base dépend de l’importation de matières premières dont les réserves sont faibles en Europe, ce qui entraîne une dépendance au commerce international (les deux principaux exportateurs de minerai sont l'Australie et le Brésil, suivis de pays comme l’Inde, le Canada, l’Afrique du Sud, l’Ukraine, la Russie…). En Europe, les principaux importateurs sont l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni.

Selon Eurofer, l’industrie européenne de l’acier est présente sur quelque 500 sites de production répartis dans 22 États membres. Juste avant la crise économique déclenchée en 2008, elle générait un revenu annuel d’environ 200 milliards d’euros, produisait environ 200 millions de tonnes d’acier par an, et employait 420 000 personnes (chiffres Eurofer). L’emploi dans ce secteur ne cesse de se contracter depuis les années 1970. L'UE représente 16 % de la production mondiale et était la deuxième plus grande productrice après la Chine.

Dans les années 1960 et 1970, les entreprises sidérurgiques des États membres de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) connaissent une crise de surcapacité de production. En 1976 est mis en œuvre le « plan Davignon » visant à réduire ces capacités. Dans les années 1980, la récession voit l’effondrement des prix et un fort accroissement des aides financières nationales. À la fin des années 1980, la métallurgie compte encore plus de 1 250 000 emplois rien que dans l’Europe des Quinze (in Commission européenne, « Panorama des entreprises européennes 1999 », OPOCE, 2000). Jusqu’à ce jour, il y a donc eu une très forte chute de l’emploi.

Composée essentiellement de grandes entreprises et de groupes multinationaux, cette industrie subit une restructuration considérable depuis les années 1980-1990. Ceci se traduit par de nombreuses fusions d’entreprises : Thyssen et Krupp (1997), Unisor et Cockerill Sambre (1998), British Steel et Hoogovens (1999), Aceralia-Arbed-Usinor, qui a donné naissance, en mai 2002, à Arcelor, puis OPA de Mittal sur Arcelor en 2006…

Dans les années 1990, les enjeux du secteur étaient principalement centrés sur les produits : la concurrence des matériaux de substitution se faisait de plus en plus forte (plastiques, céramiques de pointe, etc.), tandis que les métaux avaient parfois du mal à être compétitifs en termes de poids, de résistance à l’usure, de prix. Ces enjeux se sont progressivement déplacés au cours des années 2000 sur trois autres thématiques : la concurrence internationale croissante (Europe de l’Est, Asie) ; les contraintes liées à la lutte contre le réchauffement climatique ; et plus récemment la crise économique déclenchée en 2008.

Aujourd’hui, l'industrie européenne de l'acier fait partie du système ETS d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre. Les aciéries doivent donc payer leurs émissions de CO2, ce qui n’est pas le cas en Inde ou en Chine ; il y a donc une forme de dumping environnemental. En outre, en 2009, la crise économique a fait chuter de presque 29 % la consommation d'acier dans l'UE, selon les estimations de la World Steel Association (Bulletin de l’Agence Europe 9899 – 12 mai 2009). Ce secteur se trouve donc confronté au plus sévère ralentissement de ses activités depuis la crise pétrolière des années 1970.

Observatoire social européen (2010) Fiches sur le dialogue social sectoriel européen. Projet coordonné par Christophe Degryse, www.worker-participation.eu/EU-Social-Dialogue/Sectoral-ESD